Critiques 2012

Mozart à l'opéra !

Le Soleil (Olivier Parent)
26 juillet 2012

Mozart à l'opéra: sa Majesté Karina

(Québec) Le deuxième Festival d'opéra de Québec s'est amorcé mercredi soir, au Palais Montcalm, en faisant revivre un bouquet d'airs pour soprano tirés de l'oeuvre de Mozart. La soprano Karina Gauvin, les Violons du Roy et leur chef Bernard Labadie ont couronné l'ouverture de succès en confirmant une fois de plus leur statut de joyaux du Québec.

D'entrée de jeu, j'abaisse mon masque de critique le temps de préciser que je n'avais encore jamais eu le privilège, et le plaisir dois-je avouer, d'assister à un spectacle d'opéra. Après tout, c'est bien l'une des visées du Festival que d'initier le public de la capitale à cet art lyrique qui gagne à se dévoiler au plus grand nombre. En voilà un de plus.

Et pour découvrir l'opéra, rien de mieux que la virtuosité de Mozart. Ajoutez-y la beauté et l'assurance d'une soprano de calibre international telle que Karina Gauvin, la rigueur et l'entrain des Violons du Roy et vous obtiendrez une soirée digne des plus grands opéras. Un moment d'autant plus unique que la maison ATMA enregistrait le concert en vue d'en faire un disque. Le public venu en grand nombre - le Palais Montcalm affichait complet - sait déjà que l'opus en vaudra le coup.

Multiples inflexions

Car Karina Gauvin a atteint des sommets en matière de justesse. Drapée d'une robe bleu et corail et d'un châle tombant le long de ses bras, la diva de Notre-Dame-de-Grâce rayonnait de fierté. Il y a de quoi : elle sait incarner aussi bien le bonheur et l'émerveillement, la trahison et la douleur que la tristesse et le désespoir. Ses multiples inflexions ont été tout aussi implacables, en s'élevant avec la grâce d'un battement d'ailes.

On retient particulièrement l'extrait Deh vieni non tardar, qui a happé le public dès les premiers accords des Violons du Roy. Il faut dire que leur chef Bernard Labadie était en parfaite symbiose avec la trentaine de musiciens, ainsi qu'avec le centre d'attraction de la soirée, Karina Gauvin. Le solo du pianiste Benedetto Lupo, en deuxième partie, a été tout autant apprécié, le public ne manquant pas d'exprimer son appréciation en échappant de grandes acclamations et en offrant de chauds applaudissements.

Nul besoin d'être devin pour prédire que la diva Karina passera de nouveau par le Festival d'opéra de Québec dans les années à venir. Il suffit, pour en être convaincu, d'avoir vu à l'oeuvre sa majesté pendant un peu plus de deux heures.

 

Le journal de Québec (Yves Leclerc)
26 juillet 2012

Propulsée par Mozart

C’est avec la musique de Mozart que la deuxième édition du Festival de l’opéra de Québec a été lancée mercredi soir, à la salle Raoul Jobin du Palais Montcalm.

La soprano canadienne Karina Gauvin était accompagnée par Les Violons du Roy, sous la direction de Bernard Labadie et du pianiste italien Benedetto Lupo, pour cette grande soirée d’ouverture.

C’est avec une longue pièce instrumentale, l’ouverture de l’opéra Lucio Silla, composé en 1772, que Les Violons du Roy ont débuté le concert.

Une belle entrée en matière avec des nuances, subtilités, montées, descentes, dynamisme et douceur.

La soprano Karina Gauvin s’est ensuite pointée sur scène dans une longue robe bleue, noire et argent, pour Aer Tranquillo, extrait de l’opéra Il re pastore (Le roi berger).

Sombre et dramatique

La soprano originaire de Repentigny, tout sourire sur les planches, a réussi de belles modulations lors de la finale, pour ensuite se faire sombre et dramatique avec Misera dove son!... Non son io che parlo.

Le jeu des Violons du Roy était tout en équilibre et parfaitement dirigé afin de permettre à la soprano de prendre sa place.

Après la très belle ouverture de l’opéra La clemenza di Tito (La clémence de Titus) par Les Violons du Roy, Karina Gauvin a produit un des beaux moments de la soirée avec Ach, ich fül’s, es ist verschwunden de l’opéra La Flûte enchantée.

Finesse et douceur

Une pièce où l’amour est perdu et où il n’y a plus d’espoir.

L’arrivé de Benedetto Lupo pour Ch’io mi scordi di te?...Non temer, amato bene a démontré le grand talent du pianiste italien avec un jeu tout en finesse et en douceur. Les notes de piano se glissaient parfaitement à travers la trame sonore déployée par les musiciens et la voix de Karina Gauvin.

Au moment de mettre sous presse, le concert se poursuivait avec des extraits de La clemenza di Tito, Les noces de Figaro et Cosi fan tutte.